Je suis privilégiée

04 décembre 2018

Râler

Oui tu vois depuis le début du blog je dis à quel point je suis privilégiée, car c'est vrai.

MAIS

J'ai besoin de râler quand même, d'exprimer à quel point cela est difficile. Le couteau sous la gorge, la peur de recevoir un nième SMS de la banque me disant que le compte est à découvert, manger encore du riz... 

Je perds petit à petit la notion des plaisirs de la vie. C'est bête hein ?

Ou alors peut-être que j'ai vu mes attentes à la baisse, voire tellement à la baisse que si tu m'offres un livre d'occasion, ou 4 sachets de pâtée pour mes chats, je suis la plus heureuse. 

Tu vois je me rends compte de plus en plus à quel point la société se rue sur des faux besoins. Et c'est d'une tristesse !

Je préfère 1000 fois faire mon pain (sans machine) que d'acheter un goûter industriel. 

MAIS

Oui, des fois, j'aimerais juste pouvoir acheter un paquet de chocos pour me décharger.

On a supprimé le jus de fruits, on a supprimé la compote en tube (c'était quand même bien pratique), on a supprimé le pain de mie (bien pratique aussi pour faire des sandwichs rapide au goûter), pas de céréales le matin, ou alors du corn flakes acheté en vrac, on a supprimé tout ce qui n'est pas de saison (même les poivrons rouge, et pourtant Dieu sait que j'aimais en manger toute l'année).

On a supprimé les Ferrerro Rocher à Noël parce que c'est cher, qu'il y a du lait dedans et que leur fabrication est loin d'être éthique. Oui ça me manque. Mais est-ce que j'en ai besoin ? non.

Le fait de savoir tous les privilèges que nous avons, tout cela ne doit pas nous empêcher de se sentir acculé, délaissé, mis au coin, fatigué, usé, énervé, en colère, à bout, déprimé, découragé etc

Car si nous mettons de côté ce que nous ressentons, alors c'est de la maltraitance envers soi-même, c'est être violent avec soi-même... et un jour le corps lâche, crois-moi je sais de quoi je parle.

Ce qui est difficilé c'est de reconnaître nos privilèges, mais de reconnaître aussi lorsque ça ne va pas. C'est le jeu difficile de la voie du milieu...

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RSA

Je suis privilégiée car je ne suis pas admissible au RSA. 

Pourtant je galère crois-moi. J'ai en gros 1800€ de revenus, 1100 de loyer et 4 enfants à charge. Voilà je te laisse faire le calcul tout seul.

Mais voilà, je ne rentre pas dans la tranche admissible au RSA. D'ailleurs je ne paie pas d'impôts tu vois, loin de là, même.

Mon rêve serait un jour de râler car je trouve mon montant des impôts sur le revenu trop élevé. Ce serait trop bien !!

Chaque début de mois est compliqué... est-ce que les rentrées vont juste servir à combler le trou que j'ai à la banque ou bien est-ce que je vais pouvoir tenir jusqu'au 11 sans être dans le rouge... c'est la roulette russe.

Mais tu vois là encore j'ai tellement de chance. Mes parents arrivent à m'aider. Ils m'aident financièrement, ou bien ils m'amènent un sac de 5 kilos de farine, des pommes pour faire de la compote, des lentilles, de l'huile d'olive.

Et mon chéri arrive à m'aider aussi. Et même s'il habite sur un autre continent, à 8500 km de moi, il m'aide quand il peut. Il m'a même beaucoup aidé au départ, lorsque j'ai démarré ma nouvelle vie. Mon corps avait lâché, il avait pris à sa charge de pouvoir me verser ce que je touchais normalement en allant bosser sur les marchés, 5 jours/semaine. Il m'a aidé plus d'une fois.

Oui je sais je suis privilégiée...

Mais tu sais là-dedans, on oublie le côté psychologique, le fait de se sentir boulet, de ne pas arriver à s'en sortir seule à plus de 40 ans. Alors voilà j'y ai perdu le sommeil, j'y ai perdu la santé aussi un peu. Mais j'ai de la chance.

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Santé

Je suis privilégiée parce que j'ai 4 enfants en bonne santé physique et psychologique... et morale.

Pss de gros problèmes de santé. Une ou deux fois aux urgances pour une chute a vélo, un problème respiratoire bébé. C'est tout.

Hier je les ai emmenés chez le médecin. 3 syr 4 sont malades. Une double otite, une pharyngite, une pharyngo-laryngo-trachéite. Un peu de cortisone, un peu de sirop, des tisanes et le tour sera joué.

Je peux les emmener chez le médecin, avancer 75€ car je sais que ce sera rembourés par la RAM. Car je ne suis plus à la sécurité sociale. Je peux même les emmener chez l'ostéopathe car j'ai pris une mutuelle qui rembourse en partie les frais.

Et moi je peux aller chez le kiné pour mes épaules foireuses. Ah par contre je n'ai pas "d'arrêt médical" car je suis à mon compte. Normalement il ne faudrait pas que je lève mes bras au-dessus de mon champ de vision à l'heure actuelle, autant te dire que je ris jaune rien que d'y penser. C'est mission impossible.

Alors je mets les enfants au ménage, pliage de linge, le lave-vaisselle à ranger. Pas le choix.

Mais tu vois, la santé est bonne pour nous 5. On gère au maximum avec les huiles essentielles, de l'amour, de la parole. Car bien souvent, les symptômes qui ressortent et font qu'on se sent mal, c'est dû à quelque chose caché à l'intérieur de soi. On pratique le Reiki aussi. Et Access Bars, Access Facelift.

Et quand plus rien ne va, on va chez le médecin. Je ne suis pas contre la médecine traditionnelle, ne te méprends pas. Mais on cherche trop souvent à cacher des symptômes qui voudraient en dire plus long...

Il y a tellement de choses qui sont d'origine psychologique... d'ailleurs nous avons toujours à portée de main le grand dictionnaire des malaises et des maladies de Jacques Martel. Et ça explique beaucoup de choses.

Oui ce sont des enfants, oui ils grandissent, j'en ai déjà un dans l'adolescence, et les autres vont y arriver. Mais ces choses qui m'ennuient ou m'irritent, ce sont des choses de la vie de tous les jours, cela fait partie de la construction. 

Alors tu vois je me sens vraiment privilégiée d'avoir des enfants en bonne santé, et de l'être aussi.

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30 novembre 2018

Salle de bain

Je suis privilégiée parce que je peux me doucher et laver mes enfants dans une salle de bain.

Alors oui, il n’y a pas de douches tous les jours et ce sont des douches éclairs. Je les lave à la chaîne en moins de 20 minutes pour les quatre. Shampoing compris.

Un jour sur deux environ. Après j’utilise aussi du shampoing sec que j’ai fait. Ne pense pas que je le fais par gaité de cœur, je n’aime pas vraiment ça. Je ne suis pas bobo ou no-poo.

Mais ça utilise moins d’eau, moins de shampoing.

On est passé au savon solide. C’est plus économique. Et plus écologique aussi.

Car tu vois ce que tu pourrais considérer comme un manque, et bien j’y vois aussi de l’écologie.

Moins de plastique, moins de produits issus de l’industrie pétrochimique, moins d’eau.

Peut-être que je suis privilégiée parce que j’y vois un bien dans ce que d’autres pourraient voir un mal.

Tu te dis oui mais moi j’ai les cheveux foncés alors là shampoing sec ça va se voir, mes cheveux seront plus blancs... j’ai cherché tu sais, j’ai cherché comment faire pour ne pas ressortir poivre et sel après un shampoing sec. Je mets de la maïzena et du cacao type VanHouten.

Pour les enfants c’est un shampoing liquide neutre. Il me reste juste un démêlant. Pas pour moi, je n’en ai pas besoin.

Tu vois comme je suis privilégiée ? Nous sommes propres. Nous sommes au sec, et nous sommes au chaud.

Et même si les serviettes sont rapiécées et dépareillées, peu importe car elles nous sèchent. Même si parfois on est plusieurs sur la même serviette. Je n’en ai pas besoin de plus.

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Noël

Je suis privilégiée parce que j’ai enfin compris pourquoi je n’aimais pas Noël.

Non pas que je n’aime pas les fêtes, ce n’est pas ça.

Mais parce que c’est commercial. Parce qu’on se prépare longtemps à l’avance pour savoir ce que l’on va manger, tous les cadeaux que l’on va acheter.

Je n’aime pas Noël à cause de ça. Lorsque j’habitais encore avec le père de mes enfants c’était la course aux cadeaux. Lorsqu’on faisait Noël dans sa famille c’était des montagnes de cadeaux. J’avais honte de ça et je n’y prenais aucun plaisir. Je me trouvais décalée.

Et puis il fallait attendre que tout le monde soit levé pour aller les ouvrir. Des sacs poubelles d’emballages, de Bolduc, de carton et plastique. Ah mince je n’avais pas vu qu’il fallait des piles. Et des enfants qui ne profitent même pas de tous les cadeaux. Et qui parfois sont déçus...

Et des enfants à qui faire croire au Père Noël. Ce n’est pas ma tradition à moi. Mes parents ne nous ont pas élevés avec cette idée qu’un gros bonhomme hyper gentil allait venir nous offrir ce qu’on voulait.

Je me suis laissée embarquer là-dedans à contrecœur. Et j’ai usé du chantage « il faut être sage, le Père Noël voit tout »... 

Cette semaine j’ai craqué. J’ai annoncé aux enfants que le Père Noël n’existait pas. À 6 et 8 ans ça ne me semblait pas prématuré pour mes deux derniers. Ça ne s’est pas si mal passé... un peu de tristesse pour celui de 8 ans, très rêveur.

Mais il fallait que je leur explique pourquoi ils n’auraient qu’un cadeau de ma part. Et que si c’était un petit cadeau, il serait toutefois fait avec le cœur.

C’est comme ça, nous n’avons pas les moyens de faire un gros Noël, quelque chose de commercial. Et c’est pas grave. Revenons au coeur.

J’ai une amie qui m’a proposé de leur envoyer un petit quelque chose en plus. Elle m’a dit « écoute là je peux, je ne pourrai pas tout le temps ». Et puis ils auront aussi mes parents, les parrains/marraine, la famille du côté de leur papa.

Tu vois, j’essaie de trouver une parade pour ne pas qu’ils soient déçus, je me dis qu’ils auront plus ailleurs. Je me dévalorise. Et pourtant je fais juste ce que je peux. Et j'essaie de ne pas rester engagée sur une voie (commerciale) qui ne me convient pas.

Je suis privilégiée parce que mes enfants pourront fêter Noël, parce que même si ce ne sera pas grand chose, ils auront quelque chose de ma part. Et que ce n'est pas ça le plus important à mes yeux.

 

 

Gagner Noël ( par Guy Gilbert)

Si tu ne penses d'abord qu'à lorgner les vitrines pour savoir ce que tu vas acheter pour tes gosses,

Noël c'est râpé !

Si tu succombes au désir de tes mômes qui veulent une voiture de police, une mitraillette en plastique et la panoplie du para,

Noël c'est râpé !

Si tu as déjà achet le petit Jésus en sucre et ses parents en chocolat... sans oublier un seul des bestiaux en caramel de la crèche,

Noël c'est râpé !

Si, avant toute chose, champagne, gâteaux, repas hors de l'ordinaire sont déjà programmés,

Noël c'est râpé !

Si tu commences à dresser la liste des gens à inviter en prenant soin d'exclure les chiants, les emmerdants, ceux et celles qui vont troubler la fête tranquille,

Noël c'est râpé !

Si tu ne prends pas le temps de méditer, durant cet Avent, le merveilleux mystère de la nuit de Noël, la pauvreté de l'enfant-Jésus, le dénuement absolu des immigrés que sont ses parents,

Noël c'est râpé !

Mais si tu lorgnes déjà le jeune couple de chômeurs de ton immeuble qui, sans toi, "fêteraient" cette nuit-là dans un peu plus de détressse et de solitude,

Alors Noël, c'est gagné !

Si tu n'attends pas pour dire à l'ancienne qui vit seule, un mois à l'avance, qu'elle sera ton invitée, pour qu'elle savoure d'avance durant un mois ces quelques heures où elle sera reine,

Alors Noël, c'est gagné !

Si tu prends la peine de réfléchir à ce mystère d'amour et de pauvreté qui, au cours des âges, a été défloré, foulé aux pieds et travesti en fête égoïste, faite de beuveries et de gueuletons,

Alors Noël, c'est gagné !

Si tu continues dans l'année qui vient, à vivre ce mystère, en pendant que le partage, c'est pas seulement l'affaire d'une nuit,

Alors Noël illuminera toute ton année !

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Cuisine

Je suis privilgiée parce que je sais cuisiner et que j'ai une cuisine qui me permet de le faire.

Pour tout te dire j'ai même une maison dans laquelle j'ai emménagé et où la cuisine était équipée.

J'ai appris l'amour de la cuisine tôt grâce à mes parents qio cuisinaient et cuisinent encore très bien. Même mon frère cuisine super bien.

Alors plutôt que d'acheter des plats industriels, je cuisine tout. À 90% en fait. Parfois j'achète des chips, de la mayonnaise ou du ketchup, du pain. Même du pain de mie des fois.

Alors bien sûr c'est un véritable casse-tête que de cuisiner les repas tous les jours. Et parfois je n'ai pas envie, pas la tête à ça, parce que j'ai mal dans mon corps, parce que mes enfants m'ont cassé les pieds, parce qu'il fait moche dehors, parce qu'il fait moche au dedans de moi.

Mais même dans ces cas-là je suis privilégiée parce que je peux dire "riz ou pâtes ?", et que j'ai une casserole dans laquelle je peux mettre de l'eau que je peux faire chauffer pour cuire le riz ou les pâtes.

En plus j'ai un ami maraîcher qui est e agriculture raisonnée où je vais acheter mes légumes. Il me fait des super paniers pour vraiment pas cher. Je soupçonne d'ailleurs son épuse, une amie très chère, de lui avoir fait passer le message de me faire des super prix, car elle connait ma situation financière.

Donc on peut manger des légumes frais.

Je suis aussi privilégiée parce que j'ai choisi mon alimentation : pas de viande, pas de poisson, pas de produits laitiers. Il me reste les oeufs. Je continue à les manger et à les préparer pare que j'aime ça, que j'ai tellement peu de petits plaisirs, que je me garde celui-là. De temps en temps.

Et puis je me dis que si il devait y avoir une anquête sanitaire par rapport au régime que j'applique à mes enfants, ben au moins il y aurait les oeufs... parce qu'un régime végétalien, je sais que ça peut bousculer les consciences.

Pourtant mes enfants sont en excellente santé, et je ne les empêche pas de manger ce qu'elles veulent en dehors de la maison. Chez mes parents, à la cantine, chez leurs amis, ils mangent ce qu'ils veulent, même si ce sont des bonbons à la gélatine de porc, des knackis, ou McDo.

Je suis privilégiée parce que cette alimentation que j'ai pu choisir me convient. Au corps et à l'esprit.

Je suis privilgiée parce que je prépare tous les goûters de mes enfants, parce que j'ai le temps. Le temps c'est de l'argent à ce qu'on dit, et ça j'en ai très peu. Alors je suis la reine du cesse-tête pour avoir des recettes pour pas cher et complètes. Des recettes-tiroirs où tu as une base et que tu peux agrémenter en changeant un simple ingrédient, où en rajoutant des pépites de chocolat quand tu en as.

Ne te méprends pas si tu m'entends dire "j'ai fait un gâteau" à la sortie de l'école. Je ne fais pas ça pour être une mère parfaite, car j'en suis loin. Je le fais parce que ça coûte moins cher, que je sais ce qu'il y a dedans. et comme je n'ai pas la possibilité d'offrir à mes enfants mille choses, et bien je leur offre mon temps et une alimentation saine. Et ça fait partie des privilèges.

J'achète en vrac, et bio. On se couche des fois le soir avec le ventre pas complètement plein, mais avec la satisfaction d'avoir pu manger quelque chose, au chaud, dans une cuisine, dans des assiettes, assis sur des chaises ou des tabouerts, en ayant pu boire de l'eau du robinet car je paie mes factures.

Alors tu vois, je suis privilégiée, car je peux cuisiner chaque jour, que je sais cuisiner et jouer au casse-tête de ce que je vais mettre dans les assiettes. Car j'ai des assiettes. Car j'ai un peu de choix dans mes ingrédients.

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Enfants

Je suis privilégiée parce que j'ai 4 enfants.

Quel privilège de la vie ! Ces enfants ont le même géniteur.

Je n'ai pas eu de parcours FIV ou jenesaisquoi. Pas besoin d'aller chercher à l'étranger une mère porteuse ou des ovocytes. Je n'ai pas subi de traitement pour avoir des enfants.

Je n'ai pas eu de gros soucis pendant les grossesses. Quelques désagréments, tension trop basse, trop de poids, constipation... c'est à peu près tout.

J'ai même eu la chance de pouvoir choisir d'avorter à la cinquième grossesse et de faire une ligature des trompes, parce que même avec la pillule je tombais enceinte.

Certes j'ai fait 3 fausses-couches tardives et j'ai même entendu un anesthésiste me dire "oh ben ça va c'est pas comme si vous n'en aviez pas"... violence verbale certes, mais il n'avait pas tort... oui j'en avais déjà deux. Et j'allais en avoir deux autres.

J'ai fait 2 fausses-couches à plus de trois mois entre mon deuxième et mon troisième enfant. Anesthésie générale, curetage. Mais après ça a pris.

Après ma quatrième grossesse, qui s'était déclenchée sous pillule, je suis retombée enceinte (sous pillule encore) et j'ai refait une fausse-couche à plus de trois mois. Et encore une qui a pris. Cette fois j'ai décidé de ne pas garder cet enfant et de me faire ligaturer.

Faut dire que ça n'allait pas fort avec mon mari, je ne préférais pas avoir une tête de plus à nourrir. C'était déjà assez pour moi.

Et tu vois dans tout ça, mes enfants sont équilibrés, les résultats scolaires sont bons, le comportement quasi irréprochable. Même que le directeur de l'école primaire m'a dit un jour que si on ne connaissait pas mon histoire, cela ne pouvait pas se voir au travers de mes enfants.

La vie ne nous a pas épargnés. Et c'est peu de le dire.

Mais tu vois dans tout ça, j'ai 4 enfants, en excellente santé mentale et physique. Je suis extrêmement privilégiée.

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Lit

Je suis privilgiée parce que j'ai un lit dans lequel je peux gérer mes insomnies.

J'ai perdu le sommeil il y a cinq ans environ. Un peu avant peut-être, parce que dès la naissance de mon premier enfant j'ai commencé à me réveiller au moindre pet de mouche. 

Depuis 3 ans, le jour où j'ai quitté le nid conjugal, j'ai réellement perdu le sommeil. Non seulement je mets longtemps à m'endormir (plus d'une heure), mais je me reveille au moins trois fois par nuit, et parfois, le sommeil tarde à revenir. Parfois je reste réveillée plus d'une heure, à tourner dans mon lit.

Oui mais j'ai un lit, avec un oreiller et une couette. Je suis habillée dans ce lit, je peux mettre des sous-vêtements et un tee-shirt. 

J'ai un livre à côté de ce lit et une lampe de chevet, qui peut s'allumer car je paie l'électricité.

Mes enfants ont un lit et une chambre.

Et le matin je me sers un café pour me réveiller. Alors certes, le café est moins fort qu'avant, il n'y a pas de petites économies. Parfois je déjeune avec le café et c'est tout. Mais je peux me payer ce luxe de boire du café le matin. Honnêtement, je ne sais pas comment je ferais sans. J'ai bien essayé une fois de ne pas en boire, mais j'ai eu une migraine terrible toute la journée.

Depuis un mois maintenant je prends de le mélatonine à diffusion lente chaque soir. J'ai décidé de reprendre en main mon sommeil. C'est tellement important. Le médecin à qui j'en ai parlé m'a dit de ne pas m'attendre à des miracles, car ça fait vraiment longtemps que je dors mal. Mas ça commence à aller mieux. 

Déjà je ne redoute pas le fait d'aller me coucher et je me couche plus tôt. Avant j'attendais d'être vraiment épuisée pour y aller, et je redoutais tellement ce moment où j'allais me coucher seule dans mon grand lit, que le sommeil tardait à venir. Et mon corps qui a souffert et souffre encore aime ces nouvelles nuits où mon esprit est moins agité.

Et les pensées affluaient : comment vais-je faire demain ? Qu'est-ce que je vais faire à manger ? Comment je vais faire pour avoir un menu complet pour mes enfants ? Est-ce que c'est le jour où je me douche ?

Oui mais tu vois dans toute cette histoire, aujourd'hui il pleut et j'ai un lit où je pourrai aller m'allonger. Je ne dors pas dans la rue. J'ai chaud dans mon lit et si j'avais froid, j'aurai un pantalon à passer. Je pourrais même mettre le chauffage dans ma chambre, mais je ne le fais pas encore. Je préfère le mettre dans les chambres des enfants. Moi je peux attendre.

Je suis privilégiée car j'ai un lit où je peux dormir ou mal dormir.

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